Alexandra KABALAN, artiste plasticienne-musicienne
Originaire de Silly, Alexandra Kabalan est une artiste qui explore, à travers son travail, le lien vivant entre identité, mémoire et narration. Inspirée par la pensée de Paul Ricoeur, elle conçoit l’être humain comme un « être de récit », celui qui se raconte pour se reconstruire et habiter le monde.
Issue d’une double culture – belge par sa mère et libanaise par son père – elle interroge les tensions et les richesses qui façonnent les identités plurielles. Les tragédies vécues au Liban, en Palestine et au Proche-Orient l’ont poussée à créer un pont poétique et sensible entre ces horizons : un univers de marionnettes symboliques, destiné notamment aux enfants meurtris par la guerre. Ces figures deviennent autant de messagères de beauté et de résilience, des outils pour dire, se redire et se relier.
Par la mise en scène de la culture méditerranéenne, Alexandra cherche à révéler des héros et héroïnes oubliés, à incarner la beauté sacrée d’un monde commun, tissé de générations et d’histoires. Ses marionnettes, à la croisée de l’art plastique et de la philosophie, célèbrent la présence, la rencontre et la magie de l’humain dans un monde souvent happé par le numérique.
Elles sont également la manifestation d’un fond commun qui se conjugue à tous les âges. Elles incarnent cette tresse des générations, chère à Tim Ingold, où aucun âge n’est supérieur à un autre : tous participent d’une même chaîne qui dessine l’horizon.
Ces marionnettes figurent de petites histoires où l’artiste pense la beauté sacrée incarnée par des héros et héroïnes, par des icônes que nous avons oublié d’interroger et qui passent inaperçues dans un décor ou demeurent ensevelies sous un riche passé. Certaines figures, méconnues ici, renvoient à une mémoire vivante de la culture méditerranéenne, essentielle pour en saisir la profondeur et la diversité.
Pianiste et organiste de formation (Conservatoire royal de Bruxelles), Alexandra Kabalan est également philosophe. Diplômée de l’ULB, elle enseigne la philosophie dans le Hainaut, tout en donnant des conférences sur les liens entre art, musique et pensée. Son parcours musical, nourri par l’étude du piano, de l’orgue et du chant, témoigne d’un même élan : relier sensibilité et réflexion, Orient et Occident, contemplation et transmission.
Pour cette exposition à Mons, elle présente la première étape de son projet “Un pont entre le Liban et la Belgique” — une œuvre participative où les marionnettes deviennent les passeuses d’un autre possible, plus beau et plus juste














