Eric SERKHINE

Eric SERKHINE,
enseignant, créateur de costumes de spectacles, comédien, metteur en scène et auteur

 

Né il y a un peu plus d’un demi-siècle dans une famille étrangère au théâtre, je rentre à l’académie de Colfontaine à 14 ans… Et je mors à l’hameçon !  Très vite je comprends qu’il n’y a de vie pour moi qu’à travers la création et plus précisément, dans l’univers théâtral.

Après avoir été lauréat du Conservatoire Royal de Mons, j’ai débuté comme comédien fin des années ’90 à Villers-la-Ville ; s’en suivit le Théâtre Royal du Parc, le Théâtre du Grand Midi, le Théâtre Molière ainsi que la Comédie de Liège ou le Festival International de la Marionnette à Tournai et, enfin, dans diverses productions au sein de différentes compagnies amateures hainuyères. Je suis par ailleurs professeur de théâtre depuis 27 ans dans différentes académies (actuellement à Beloeil et à Marchienne-au-Pont).

L’écriture a toujours été un mode d’expression incontournable et privilégié, aussi, suis-je le « papa » de plus d’une trentaine de pièces originales ou adaptations dont la moitié ont été portées à la scène en Belgique.  Elles font en ce moment l’objet de parutions. En tant que metteur en scène j’ai imaginé plus d’une trentaine de spectacles, lectures vivantes, animations diverses et variées en plein air ou intérieur depuis 30 ans.

Passionné par le théâtre sous toutes ses formes, l’histoire, les voyages et les modes anciennes… je recrée des costumes d’époque pour la scène en autodidacte depuis 15 ans.

Je suis tombé dedans, comme on dit, un peu par hasard. On m’a un jour demandé de faire une mise en scène pour un texte écrit au 17e siècle et j’ai eu l’envie de le faire jouer en costume d’époque : problème… la compagnie qui m’engageait n’avait pas de costumes, trop peu d’argent pour en louer… je me suis dit : « Qu’à cela ne tienne, je vais les faire moi-même ! ». C’était un peu bravache, un peu inconscient, mais assez vite avec l’aide de ma mère, Colette Bar, qui avait suivi des cours de coupe et couture dans ses jeunes années (et qui me prêta sa machine à coudre) et quelques autres amies proches, je me suis mis à coudre mes premiers costumes de théâtre… Et le pli était pris…

J’ai donc tout appris « sur le tas » : la coupe, la couture, des bribes de patronage. Agnès Warocquier qui s’est occupée de la Procession de Mons durant 20 ans fut mon mentor en ce qui concerne les costumes historiques, principalement du XVIe siècle. Elle m’a appris aussi à mouler des chapeaux et à les créer de toute pièce.  Je lui dois vraiment beaucoup. Puis, avec l’aide conjuguée d’un esprit créatif, de bouquins formidables sur l’art du costume et de constantes recherches esthétiques et historiques, je me suis mis à créer des costumes de théâtre pour les différentes compagnies dans lesquelles je me suis épanouis.

Je précise toujours que mes habits sont réalisés spécialement pour le théâtre, c’est-à-dire qu’ils sont fait pour sublimer les acteurs en scène, pour faciliter leurs mouvements, pour faciliter les changements rapides en coulisse et pour être vu sur une scène, plutôt que de près. Les boutonnières sont fausses, cela tiens bien souvent davantage avec des Velcros que des agrafes ou des lacets !

L’important c’est le bien être du comédien dans son costume (car les costumes portés à certaines époques ne sont pas toujours confortables, selon nos standards actuels. Ce n’était pas du street-wear !).  Un autre point important, c’est la « tenue » du tissu, il faut qu’il corresponde à ce qu’on voit sur les peintures ou les gravures d’époque, par exemple, donc chaque modèle doit être coupé dans un textile moderne qui est soit plus souple, soit plus rigide… afin de conserver les caractéristiques esthétiques de texture ou de volume de l’époque dont il s’inspire.  Il faut donc constamment être en recherche… et s’adapter !

Certains costumes doivent pouvoir être salis ou vieillis artificiellement, par exemple, pour « coller » au caractéristiques du personnage qu’ils habillent. Les tailles et les volumes doivent être adaptés pour satisfaire aux contraintes de « portabilités » d’aujourd’hui. Peu de comédiennes affectionnent de porter un corset en plateau… Il faut donc trouver des subterfuges pour conserver la ligne du costume et ménager le bien-être de l’interprète !

Dans tous les cas, le costume doit être le plus solide possible pour supporter d’être « maltraité » sur scène par le jeu du comédien mais aussi parce qu’on fait en sorte de pouvoir le porter le plus longtemps possible. Il doit être lavable facilement et transformable si besoin.

Pour en arriver à résultat concluant, on doit étudier attentivement la façon dont ces costumes étaient bâtis et cousus à l’origine avant de pouvoir réinterpréter ceux-ci dans un contexte moderne avec les contraintes inhérentes à la scène.

En aucun cas, donc, ce ne sont des recréations à l’identique de costumes d’époque. Tout est réinventé pour la scène, tout est mis en œuvre pour le paraître et la sublimation des personnages à incarner.

On peut donc dire que je confectionne des costumes inspirés de telle ou telle époque, cousu avec soin, empreint de fantaisie, dans un souci de confort et de durabilité… sans oublier l’esthétique et la poésie évidemment qui sont des règles intrinsèques, je pense, à chacune de mes créations.

Mes deux premières expositions ont eu lieu au Château de Cartier qui abrite la Bibliothèque M. Yourcenar de Marchienne-au-Pont : « Frivolités et Fantaisies » en 2016 qui proposait un florilège de mes créations puis, « Terra Australis – Les Navigateurs des Antipodes », expo commandée par la bibliothèque sur le thème des Grandes Découvertes du XVI au XVIIIe siècle, elle fut programmée également au Centre culturel de Frameries fin 2017.

Puis ce fut deux expositions au Château de Boussu pour l’asbl Gy Seray Boussu. L’une consacrée à la Renaissance « 1540, Boussu au cœur de l’Histoire » en 2019 et l’autre consacrée exclusivement aux Comtes de Boussu, en 2021, « 1789/1848 – Boussu à l’heure des Révolutions ».

Pour chacune de ces expositions, entre 20 et 30 créations étaient exposées.

« Mythos » sera donc ma cinquième aventure expositionnelle qui signera l’achèvement de 3 ans de créations diverses pour des pièces jouées notamment lors des Festivals de Théâtre Renaissance « Les Loges » entre 2022 et 2024, ainsi que des créations originales directement inspirées par les personnages de mes pièces de théâtre dont plusieurs sont en train d’être éditées en ce moment. Une lecture-spectacle sera d’ailleurs organisée lors du vernissage du 11 octobre pour illustrer ce nouveau tournant de ma vie.

Pour compléter cette biographie, on peut encore signaler qu’entre 1995 et 2019 j’ai présidé et me suis investis dans plusieurs compagnies théâtrales (Théâtre de l’Ô-delà, Lato Sensu asbl, «Combo Art-Resto», BOX Théâtre asbl, Théâtre Estrella asbl.). En 2018, j’imagine un festival de Théâtre Renaissance en plein air intitulé : « Les Loges », en collaboration avec Eric Bellet, Le BOX Théâtre et l’asbl Gy Seray Boussu, au Parc du Château de Boussu. Depuis mars 2024, grâce au THEATRE de CURIOSITÉS, je poursuis mes réflexions et créations autour du théâtre onirique et historique.

Une nouvelle édition de ce festival aura lieu le 29 novembre 2024 au Foyer Culturel de Beloeil sur le thème des « Farces Portugaises du XVIe siècle ».